L'Art de la Distillation des Fleurs d'Oranger : Un Savoir-faire Ancestral au Parfum de Tradition

Les savoir-faire liés à cet élément reposent sur la transformation des fleurs de bigaradier (l'aranj) en eau parfumée, à travers un processus de distillation utilisant un alambic en cuivre spécial composé de trois parties, fabriqué dans les médinas de Marrakech et Fès. La plupart des opérations de distillation sont réalisées par des femmes qui détiennent l'exclusivité de ce domaine, travaillant selon des rituels spécifiques liés à la purification, au port de vêtements blancs, et à la récitation d'invocations particulières. En mars, les fleurs de bigaradier sont cueillies et séchées pendant deux jours à l'abri du soleil. Après la prière de l'aube, les femmes remplissent d'eau la partie inférieure de l'alambic (Al-Qattara) et y ajoutent une petite quantité de fleurs. Elles placent l'ensemble sur le feu jusqu'à ébullition, puis montent la deuxième partie de l'alambic contenant les fleurs. La vapeur montante se charge alors des huiles essentielles et du parfum des fleurs avant de rencontrer la troisième partie de l'appareil en cuivre, refroidie par de l'eau froide versée sur sa surface. En raison de la différence de température, la vapeur se condense et se transforme en gouttelettes parfumées qui s'écoulent par un tube spécial dans un récipient en verre prévu à cet effet. L'eau de fleur d'oranger est conservée dans un endroit sombre pendant quarante jours avant de pouvoir être utilisée à diverses fins : elle entre dans la préparation des pâtisseries, sert dans les préparations cosmétiques pour le soin de la peau et des cheveux, et est placée dans un vaporisateur (Marcha) pour parfumer les invités à leur entrée dans la maison, en signe d’hospitalité.