La Danse de la Guedra : Un Art Cérémoniel du Sahara Marocain

La danse de la Guedra constitue un art cérémoniel propre aux habitants des régions sahariennes et subsahariennes de l'Oued Noun dans la province de Guelmim. Elle est également présente chez certaines tribus du Jbel Bani dans la province de Tata et à M'hamid El Ghizlane dans la province de Zagora, où elle est connue sous le nom de Chamra. Cette danse est généralement associée à l'aire géographique de la culture hassanie, à l'exception de la région de Taghjijt où les habitants parlent l'amazigh au quotidien, bien que certains pratiquent la Guedra en dialecte hassani, soulignant ainsi le rôle de cet art dans la création de ponts artistiques et sociaux entre les populations. Cet élément tire son nom de l'instrument de percussion principal utilisé dans le spectacle : une marmite (guedra) en métal ou en terre cuite dont l'ouverture est recouverte d'une peau de chèvre solidement tendue. Pour obtenir différents rythmes, cette peau est frappée avec deux baguettes en bois appelées ""mghazil"" (fuseaux). Lors de la représentation, les hommes forment un cercle, assis sur les genoux, autour du maître de cérémonie appelé ""Neggar"" qui joue de la guedra. Le spectacle comprend également l'interprétation de passages chantés appelés ""Hammayat"", qui contribuent à animer la fête. Une femme s'avance au centre du cercle et exécute d'élégants mouvements chorégraphiques avec ses mains, en harmonie avec les chants des hommes et leurs applaudissements. Au-delà de ses fonctions de divertissement et de spectacle, la danse de la Guedra remplit diverses fonctions sociales. Elle contribue au renforcement des liens entre les différentes composantes de la société jadis nomade. Les représentations artistiques offrent une occasion de rencontre, rapprochant les praticiens et renouvelant les liens sociaux. Ces spectacles constituent également une opportunité de rencontre pour les personnes souhaitant se marier.