Le Tafilalet est le berceau de l'art musical connu sous le nom de Beldi, avec ses deux variantes :
l'ancien style Jorfi et le nouveau style Mdghri. Cet élément représente l'une des manifestations culturelles et artistiques les plus anciennes et enracinées de la région de Tafilalet.
Apparu initialement dans la région du Jorf, il s'est ensuite propagé dans les autres centres et oasis de la région, avant de s'étendre vers la vallée moyenne du Ziz et la commune d'El Kheng. Son style se caractérise par trois modes principaux : le Negadi, le Missouri et le Gal Moul L'klam.
L'art Beldi se distingue par sa simplicité et sa profondeur simultanées, exprimant les préoccupations, les inquiétudes et les aspirations des habitants des oasis. À travers ses textes poétiques et ses rythmes musicaux, il représente un moment de joie collective. C'est pourquoi les
familles de la région tiennent à sa présence lors de leurs célébrations publiques et privées ainsi que lors des occasions familiales.
À l'origine, l'art Beldi s'appuyait sur des instruments de percussion et des instruments à vent comme la flûte (nay), la gasba et la ghaïta. Plus tard, dans le cadre de son renouvellement constant comme tout patrimoine vivant, il s'est ouvert aux instruments à cordes comme le oud, la mandoline et le violon. Les mouvements de danse qui l'accompagnent se sont également diversifiés, notamment ceux liés à la performance d'un membre du groupe "Siniya" qui danse élégamment en effectuant des rotations accélérées tout en maintenant sur sa tête un plateau portant des verres et une théière.
Les habitants de Tafilalet sont fiers de l'art Beldi, dont la pratique n'était pas exclusivement masculine, certains groupes féminins maîtrisant également cet art avec leurs propres caractéristiques artistiques distinctives.