La Djellaba de Ouazzane figure parmi les vêtements les plus emblématiques incaant l'attachement des Marocains en général, et des habitants de Ouazzane en particulier, à leur culture et identité nationales. Son tissage a défié le temps et résisté à tous les défis, grâce à la détermination des artisans de cette ville à préserver les caractéristiques patrimoniales de ce textile, tant au niveau des techniques que des matières premières utilisées dans sa confection.
Cette authenticité a valu à la Djellaba Ouazzanie une renommée considérable, au Maroc comme à l'étranger.
Le processus de fabrication débute après la tonte des moutons par les éleveurs de la région. Les femmes entreprennent alors un premier lavage de la laine dans une source naturelle appelée "Charchora", puis la placent dans des paniers en roseau avant de l'exposer au séchage et au soufrage, utilisant du soufre pour conférer à la laine une blancheur éclatante. Un second lavage est suivi d'un séchage avant le cardage qui permet d'obtenir des rubans de laine.
Les artisanes procèdent ensuite au filage de ces rubans à l'aide d'une roue en bois appelée "Nâora", puis les fils fins ainsi obtenus sont enroulés longitudinalement autour d'un segment de roseau, opération connue sous le nom de "Tachbia". Enfin, ces fils sont proposés à la vente au souk de la laine aux tisserands hommes, appelés "Draza".
Les Draza transforment les fils de laine, après tissage, en pièce de tissu ("Kherqa") qui deviendra une djellaba, déclinée en plusieurs versions : Estivales (Souasdi en soie)
Hiveales (Habba Ghlida, Merya, Nouarat El Foul et Selsa)
Printanières (Jerbia et Jerbia en soie)
La ville de Ouazzane est réputée pour son caractère spirituel, son patrimoine historique, ses atouts naturels et son riche patrimoine culturel immatériel diversifié, dont la djellaba reflète l'un des aspects les plus brillants.portent la Draâya traditionnelle, tandis que les femmes revêtent la Melhfa et d'autres tenues.